« NOUS NE SOMMES PAS D'AUJOURD'HUI NI D'HIER, NOUS SOMMES D'UN ÂGE IMMENSE » CG JUNG
« SHiNMu » emmène le spectateur flotter dans un univers irréel, poétique, et parfois brutal, assis dans une barque dérivant sur le fleuve de son inconscience.
Duo 2013
50 Minutes
Un monde imaginaire, même fou, que le spectateur aura traversé en délestant, au fil du spectacle, tout repère du monde réel pour se laisser submerger par les voilures de son imagination.
Chaque page de ce récit possède de multiples interlignes, et c’est l’inconscient de chacun qui en choisit l’ordre de lecture. Il y a autant de SHiNMu qu’il y a d’imaginaires…
Le rêve est une expérience très personnelle mais aussi universelle, car nous rêvons tous et à chaque fois, bien que notre conscience ne s’en souvienne pas toujours.
En interrogeant les corps, Anan Atoyama débusque une parole libérée des contextes sociétal et culturel dans lesquels ils ont été façonnés. Des mouvements se révèlent, illogiques et hors normes, faisant ainsi éclater, à fleur de peau, des bulles d’inconscience.
Le plateau s’habille de huit grands tulles sur cette pièce. Installés sur des drisses, ils se déplacent indépendamment les uns des autres afin de proposer de nombreuses combinaisons, structurant des espaces intimes ou à la vue de tous. Ces tulles, ainsi que le sol blanc, se drapent de projections numériques, accentuant l’imaginaire et l’irréel des corps des deux danseurs en mouvement.
Deux cameras 3D sont aussi placées en hauteur, afin d’interagir en direct sur ces projections, les modifiant suivant le déplacement des danseurs dans l’espace.
« Quand je cherche les rêves de mon corps, je suis à la fois perdue et troublée par ces nouvelles connections. Comme si, de nuit, je plongeais dans l’océan et attendais que le soleil se lève, pour éclairer un nouveau monde avec lequel une toute nouvelle relation s’établirait »
Anan Atoyama







Autour de la création

Marc Ribault : Anan, que signifie «SHiNMu» ?
Anan Atoyama : C’est une association de deux mots japonais que j’ai créée, «Shin» est un homonyme qui peut signifier corps, profond, vrai, nouveau et «Mu» signifie «rêve». Je voulais évoquer le thème central qui anime cette nouvelle création, celui des rêves et de l’inconscient. Le rêve est une expérience à la fois individuelle mais aussi universelle car tout le monde rêve. Aborder le sujet de l’inconscience en utilisant le langage du corps, à travers un processus créatif collectif, c’est l’ambition de «SHiNMu».
M.R : Quelle est ton intention, à travers ce spectacle ?
A.A : Je souhaite pousser l’expérimentation de court-circuiter l’intellect et le mental un peu plus loin, en partant sonder les inconscients individuels et collectifs. Ces derniers ne sont pas d’une approche aisée, ils se débusquent toutefois, en fouillant dans les rêves dont nous sommes capables de nous souvenir à notre réveil. «SHiNMu» est un spectacle qui n’impose aucune émotion ou sentiment directement : Chaque scène est volontairement complexe et possède plusieurs couches sensibles afin que chaque spectateur se construise son propre voyage onirique, suivant son état physique ou psychologique du moment. Toutefois, je souhaite provoquer chez lui, à l’issue de l’expérience, le sentiment d’une richesse intérieure immense et inépuisable, d’un monde de possibles et d’une sensation d’être lié à l’autre par une énergie primaire et fondamentale.
Quel a été ton processus créatif sur cette pièce ?
Depuis 2008, je m’applique à travailler en bordure de l’inconscience et à trouver des points d’entrée pour libérer les corps des façonnages sociétaux et culturels. Je suis attachée à ne pas traiter un sujet de manière intellectuelle avec les danseurs, je cherche à décrypter ce que leurs corps a vécu et emmagasiné autour du sujet, émotionnellement et sentimentalement, et à le faire émerger. Les danseurs plongent en eux-mêmes afin de toucher des choses qui n’ont pas encore été révélées mais qui sont là, souvent à leur insu, dans les eaux profondes.
Nos rêves sont retenus par le corps, parce que ce dernier s’adapte lui aussi aux coutumes et cultures de la société dans laquelle nous vivons. Pendant le processus créatif, le corps prend la parole hors du contexte sociétal ou de nos habitudes. Mon travail est avant tout de donner les outils aux danseurs de se libérer de ces contextes.
En amont du travail avec les danseurs au studio, je me suis entourée d’autres sources de réflexion, d’inspiration. Par exemple, j’ai récolté grâce à un questionnaire proposé à une cinquantaine de personnes, leurs rêves les plus marquants ainsi que l’expérience de leur inconscient. De même, j’ai été à la rencontre d’un psychanalyste, à l’écoute de son expérience et de ses conseils. Le « Red Book » de CG Jung fut aussi une source d’inspirations multiples.
Enfin, une fois le travail sur le corps bien avancé, j’ai collaboré avec deux artistes venus du monde du numérique, spécialisés dans la 3D et le mapping, ainsi que d’un compositeur et d’un technicien du son qui ont mis en place tout un univers sonore spécifique. L’envie commune était d’immerger totalement le spectateur dans un espace et un temps oniriques.
Autour de la création : intention musicale
“ La musique est le langage de l’indétermination, parce qu’elle conduit avec elle plusieurs lignes de sens sans nous obliger à choisir. Elle ouvre par conséquent un horizon infini, indéfini. La musique est un rêve. » Vladimir Jankélévich
Notre collaboration est née d’une rencontre à travers laquelle la chorégraphe Anan Atoyama m’a exprimé son désir de plonger dans le monde du rêve. Le rêve qui habite l’idée, le geste, le souffle… la musique. Le rêve, prenant racine dans l’inconscient, va nous amener dans le chemin d’une réalité… probablement la nôtre. Dans cette création, musique et corps, abstraction et matière, s’enlacent afin de créer une certaine ouverture sur un ensemble infini et indéfini de possibilités. La musique rejoint la danse non pas en tant que déterminateur du geste mais plutôt en tant que continuité sonore naissante du sens de ce geste. La musique, véhiculant différents sens, proposera à chacun des clés pour ouvrir les portes de sa propre mémoire.”
Aurélien Marion-Gallois
Distribution
Représentations
Théâtre Astrée, Villeurbanne
(date exacte à confirmer)
Théâtre d’Auxerre, 54 rue Joubert 89000 Auxerre
Théâtre Louis Jouvet, 16 place de Caen 08300 Rethel
, Cahors
Festival Traces Contemporaines
Revue de presse
Articles de presse
Le Progrès , 16 septembre 2013 (pdf)
Vaulx-en-Velin Journal , 02 octobre 2013 (pdf)
Lyon Capitale , 09 octobre 2013 (pdf)
Lyon PLus , 10 octobre 2013 (pdf)
Le Progrès , 10 octobre 2013 (pdf)